Femmes du Sahel et résilience face à la pandémie de Covid-19 : contributions et contestations Spécial

Le Timbuktu Institute publie, avec le soutien de la Fondation Konrad Adenauer, une série de notes sur la société civile à l’épreuve de la pandémie COVID-19 au Sahel. Cette note d'analyse s'inscrit dans cette série :  Recherche réalisée entre le 1er et le 30 Juin sur le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad 

 

« S’il fallait rebaptiser la COVID-19, elle s’appellerait sans doute Julie, Fatou ou Marie »[1]. Cette affirmation attribuée à l’Envoyée spéciale de l’Union africaine pour les femmes, la paix et la sécurité, Madame Binta Diop  illustre et résume à bien des égards les conséquences sexospécifiques non-négligeables de la pandémie. En effet, depuis l’éclatement de celle-ci, on a pu constater, à l’échelle planétaire, l’apparition d’effets collatéraux dont une bonne partie a affecté la gent féminine de manière quasi identique mais à des degrés différents. C’est tout à fait le cas pour ce qui est de la flambée des violences exercées sur les femmes, l’accentuation de leur précarité financière et sanitaire, l’inégalité en termes de représentativité et de prise de décisions dans la gestion de la crise.

L’Afrique subsaharienne n’a pas fait exception à la règle - bien qu’elle soit moins touchée- puisque ses acteurs féminins n’ont pas été épargnés par les effets dévastateurs de la pandémie. Le constat est que le nouvel « ennemi mondial » a fini par installer une exacerbation des problèmes existants. Une telle situation a obligé ainsi les Etats à se réorganiser en conséquence sur tous les plans afin de faire barrière à une pandémie dont on savait si peu. Pour cela, l’état d’urgence assorti du couvre-feu à des horaires différents d’un pays à un autre, le confinement, les restrictions de déplacement -le tout dans un emballage de plan de plan de riposte- ont été adoptés pour répondre de manière précoce à la crise.

De plus, les statistiques africaines montrent une nette infériorité des cas de contaminations de femmes par rapport aux hommes. Néanmoins, la surreprésentation féminine au sein du personnel soignant mondial comme africain de même que dans le secteur informel, leur rôle incontournable dans les situations de crise, mais aussi leur place de pilier dans les sociétés de l’Afrique subsaharienne, vont de pair avec leur vulnérabilité face à cette crise sanitaire. Ce sont, entre autres raisons pour lesquelles elles se sont fait distinguer à travers des contestations quoi que timides mais empreintes de sens quand on sait la gravité de la menace et des spéculations afférentes au coronavirus en Afrique.

Mais les femmes se sont en réalité plus illustrées à travers de la créativité grâce à des initiatives qui ont convergé avec les plans de crise nationaux. Pendant ce temps, les organisations internationales et régionales sensibles à la cause féminine, ont été d’un grand apport aux initiatives de femmes dans le cadre de la riposte contre la COVID-19.

Convient-il de préciser la spécificité du Sénégal en ce sens qu’il figure, à la date de publication du présent papier, en tête des pays pour le nombre de ses cas, au Sahel. Cette situation justifie la fréquence des exemples donnés à son propos comparé aux autres pays. Cela peut aussi être dû au fait que les autres pays ne publieraient pas aussi régulièrement des statistiques.

Cette note d’analyse s’intéresse aux conséquences sexospécifiques de la pandémie de COVID-19 en Afrique au Sahel avec une mise en relief des contestations et initiatives féminines face à la crise et aux mesures prises par l’Etat... 

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[1] Cette affirmation est attribuée à l’Envoyée spéciale de l’Union africaine pour les femmes, la paix et la sécurité : Madame Binta Diop : https://fr.africanews.com/2020/06/20/la-covid-19-impacte-plus-les-femmes-en-afrique-oms// consulté le  28 JUIN 2020